Première année
Numéro 2
Offert par la SNIF
Diffusion : tout le Royaume

Le Sémaphore Neodien

Journal industriel et économique du Royaume de Neody

Couronne

Un château sorti de terre en une seule nuit

Dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 octobre, le seigneur Aldwin a réuni un grand nombre de bâtisseurs du Royaume sur le site de sa future ville. Au matin, un château se dressait. À ses pieds, l'avenir de la demeure de son père reste en suspens.

Le nouveau château d'Aldwin, vaste ensemble de tours aux toits rouges et de bannières bleu et or, entouré de forêts.
Ville d'AldwinLe nouveau château, bâti en une nuit sur le site de la future ville du seigneur.

Il n'a fallu qu'une nuit. Du lundi 19 au mardi 20 octobre, le seigneur Aldwin a fait venir un grand nombre de bâtisseurs du Royaume sur l'emplacement réservé à sa ville. Ensemble, ils ont érigé un château en un temps record.

Au lever du jour, l'édifice dominait déjà le paysage : une enceinte rythmée de tours aux toits rouges, des clochers élancés et les bannières bleu et or du seigneur flottant au sommet.

La Couronne à l'œuvre

Le seigneur avait pourtant d'abord ouvert ce chantier aux citoyens. Malgré une récompense plus que généreuse, aucun d'entre eux, pas même les plus fortunés, n'a souhaité y participer. La seule colonie à avoir accepté les travaux n'en avait, deux mois plus tard, pas même commencé la planification.

Le seigneur Aldwin a donc pris les choses en main. En mobilisant directement les bâtisseurs du Royaume, il a montré qu'il n'attend pas pour donner corps à ses projets. C'est une illustration concrète du retour de l'administration de nos terres entre les mains de la Couronne.

Des parcelles ouvertes à tous

Le château n'est que le premier pas. À ses abords, des parcelles sont désormais proposées à la location. Chacun y est libre de bâtir selon ses projets : un marché, une maison ou toute autre construction.

Une occasion rare de s'installer au pied de la nouvelle demeure du seigneur, et de prendre part dès ses débuts à la naissance de sa ville.

Quel avenir pour le château paternel ?

Le nouveau château s'élève à proximité immédiate de celui du père d'Aldwin, attaqué par le Héraut solaire dans la soirée du vendredi 16 octobre. Le sort réservé à cette demeure n'est pas encore connu.

Le Sémaphore Neodien suivra la question de près et en rendra compte dès qu'une décision sera annoncée.

Le château du père d'Aldwin, petite forteresse de pierre au bord d'une rivière et d'une voie ferrée, avec le nouveau château en arrière-plan.
Deux châteauxAu premier plan, le château du père d'Aldwin, entre la rivière et la voie ferrée. En arrière-plan à gauche, le nouveau château du seigneur.

Infrastructures

Gare centrale : l'ancienne halle abattue, place à un ouvrage de 100 mètres

La démolition est achevée. La future gare sera bien plus longue que sa devancière, et la SNIF profite des travaux pour moderniser tout le réseau qui l'entoure. Grâce à des quais provisoires, une première ligne a déjà rouvert.

Le terrain dégagé de l'ancienne gare, longé par les voies, où un premier tracé au sol dessine le contour du futur bâtiment.
Le chantierSur le terrain dégagé, le long des voies, les constructeurs ont commencé à poser le gabarit de la future gare.

C'est désormais chose faite : l'ancienne gare centrale, héritée de l'ancien prestataire, a été abattue. Les matériaux qui pouvaient l'être seront recyclés et réutilisés pour la construction du nouvel ouvrage. Sur le terrain dégagé, les constructeurs ont déjà commencé à poser le gabarit de la future gare.

Ce nouvel ouvrage voit grand. La future gare mesurera 100 mètres de long, contre 69 pour la précédente. Un gain de 31 mètres, soit près de moitié plus long.

Un réseau remanié autour du technicentre

Ce changement de taille a des conséquences. Pour accueillir une gare de cette longueur, le réseau qui entoure le technicentre doit faire l'objet de lourds travaux. La réouverture complète du réseau s'en trouve repoussée.

Ne rien laisser au hasard

La SNIF a choisi de mettre ce délai à profit. Plutôt que de se contenter d'adapter les voies, elle dote son réseau de nouvelles infrastructures techniques : des points de ravitaillement en carburant, des voies d'évitement, et d'autres équipements encore. Autant d'installations qui rendront l'exploitation des futures lignes plus sûre et plus fluide.

La patience demandée aux voyageurs prépare ainsi un réseau pensé pour durer.

Les trains repartent déjà

Les voyageurs n'auront pas à attendre la fin du chantier pour reprendre le train. En parallèle des travaux, la SNIF a installé des plates-formes temporaires qui permettent l'embarquement des passagers.

Grâce à elles, la ligne Gare centrale · Spawn · Windknight's Lot a été rouverte. Comme annoncé dans notre précédent numéro, sa desserte est assurée par la Lynx A-220D, l'automotrice qui succède à La Longue Veille. D'autres lignes doivent suivre.

Autre promesse tenue : les deux wagons de La Longue Veille ont passé l'inspection. Restaurés, ils attendent désormais sur une voie de garage d'être intégrés à une nouvelle formation.

La Lynx A-220D, automotrice bleue, à quai sur une plate-forme temporaire. En arrière-plan, les deux wagons rouges de La Longue Veille sur une voie de garage.
Plate-forme temporaireLa Lynx A-220D à quai. En arrière-plan, les deux wagons restaurés de La Longue Veille attendent sur une voie de garage.
Vie du Royaume

Bienvenue aux nouveaux citoyens de Neody

De nombreux nouveaux venus ont été aperçus ces derniers jours sur les terres du Royaume. Hagiapolis leur propose un équipement de départ.

Le Royaume s'agrandit. Ces derniers jours, de nombreux nouveaux citoyens ont été aperçus sur les terres de Neody. Le Sémaphore Neodien leur souhaite la plus chaleureuse des bienvenues.

Les nouveaux arrivants trouveront de quoi bien commencer : la ville de Hagiapolis met à leur disposition un équipement de départ. Il leur suffit de s'y rendre pour le récupérer.

Ils arrivent à un moment propice. Un château vient de sortir de terre sur le site de la future Ville d'Aldwin, des parcelles y sont proposées à la location, et le réseau ferré reprend vie avec la réouverture de ses premières lignes. Les occasions de s'installer et de bâtir ne manquent pas.

Bienvenue à Neody. Longue vie au Royaume.

Feuilleton · Ceux que les lignes retiennent Épisode 2

Au mauvais endroit

Résumé de l'épisode précédentDans le vide originel, des consciences naissantes se rassemblent et entendent pour la première fois la voix des lignes énergétiques. Devenues les Maîtres, elles façonnent une multitude de réalités, et parmi elles l'humanité. Mais certains Maîtres, envieux de leurs créations, renoncent à leur pouvoir et à leurs souvenirs pour vivre parmi les mortels. Pour ceux qui restent, ce départ est une trahison.

Gravure : un garçon regarde à travers la vitre arrière d'une camionnette blanche. Sur le trottoir mouillé, près d'un arrêt de tram, une femme porte la main à sa bouche. Partout, des affiches du Groupe Panacée.

Dans la ville, tout portait le même nom.

Les hôpitaux, les écoles, les écrans géants au-dessus des avenues, les boîtes de médicaments au fond de chaque armoire. Le Groupe Panacée soignait, nourrissait, employait. Et tout ce qu’il soignait, il le possédait.

On y apprenait vite les règles. Un adulte avait des droits tant qu’il travaillait. Un enfant en avait tant qu’il avait des parents. Un enfant seul n’avait rien. Il devenait un dossier, puis une ressource. Nul ne savait vraiment ce que devenaient les orphelins que l’on emmenait, et personne ne posait la question.

Olivier Moulin apprit ces règles à six ans.

Ce soir-là, il s’était attardé devant une vitrine, quelques pas derrière ses parents. Il entendit les détonations sans les comprendre. Quand il tourna le coin de la rue, elle s’était vidée. Ses parents gisaient sur le trottoir, l’un près de l’autre.

Il ne cria pas. Il ne pleura pas, pas encore. Il resta immobile le temps de quelques battements de cœur. Puis quelque chose en lui, plus ancien que la peur, lui ordonna de partir.

Il courut.

Le lendemain, les écrans résumèrent l’affaire en une phrase : un couple tué lors d’un échange de tirs, au mauvais endroit, au mauvais moment. L’enquête fut close dans la semaine. Telle fut du moins la conclusion de la police.

Personne ne chercha l’enfant. Ou alors, ceux qui le cherchèrent ne voulaient le rendre à personne.

Olivier vécut deux ans dans les interstices de la ville. Il dormait dans une cage d’escalier condamnée, derrière une grille que les adultes ne remarquaient plus. Il mangeait ce que jetaient les cuisines d’une clinique Panacée, et comprit vite à quelle heure passer pour qu’il soit encore tiède. Il apprit quelles rues les drones survolaient, et lesquelles ils ignoraient. Il apprit à ne jamais rester, à ne jamais parler, à ne jamais croiser le regard d’un adulte.

Surtout, il apprit à ne pas être vu.

Il y parvint presque.

Une femme l’avait remarqué. Chaque matin, elle attendait le même tramway, au même arrêt, et chaque matin l’enfant était là, de l’autre côté de la place. Toujours les mêmes vêtements, jamais de cartable. Ce n’était pas cela qui la troublait le plus. C’était sa façon de regarder les passants. Il les observait avec une attention qui n’avait rien d’un enfant, comme s’il savait déjà où chacun allait.

Elle hésita longtemps.

Un matin, elle traversa la place et lui tendit un morceau de pain. Il la fixa un long moment, prit le pain, puis disparut si vite qu’elle douta de l’avoir vu partir.

Le soir même, elle composa le numéro qui défilait sous chaque écran de la ville : Un enfant seul ? Signalez-le. Panacée prend soin de chacun.

Ils vinrent deux jours plus tard. Une camionnette blanche, deux agents aux gestes calmes. Olivier courut, comme il avait toujours couru. Mais cette fois, ils savaient où il dormait, quelles rues il prenait et à quelle heure il mangeait.

Ils le rattrapèrent au pied de son escalier.

À travers la vitre arrière de la camionnette, il aperçut la femme de l’arrêt de tram. Elle le regardait partir, la main sur la bouche, persuadée d’avoir sauvé un enfant.

Olivier Moulin avait huit ans.

Il venait de devenir un dossier.

À suivre dans notre prochain numéro.